Info Covid19 :
Compte tenu de la situation sanitaire actuelle, l’Ecole d’été des ODD prévue du du 6 au 10 juillet 2020 à Marseille,
évolue vers un format à distance en version gratuite. 

La semaine sera rythmée autour de plusieurs sessions pour aboutir à la production collective de questions de recherche.

  • Temps de rencontre entre participants pour se connaitre et connaitre les thèmes d’intérêts de chacun
  • Temps de travail en équipes interdisciplinaires sur une plateforme dédiée
  • Coaching par des mentors, sur la démarche de la recherche
  • Rencontres avec des experts de diverses thématiques liées aux sujets traités
  • Masterclass et échanges avec des professeurs
  • Temps de travaux croisés entre différents groupes autour de questions de recherche liées
  • Présentation des travaux de recherche communs réalisés

Des outils en ligne seront mis à disposition dès le mois de juin pour démarrer les travaux.

Une pédagogie innovante

  • Sessions de masterclasses : développer un socle de connaissances communes sur les ODD
  • Sessions « La recherche autrement » : découvrir en ateliers de nouveaux modes de travail de recherche avec des retours d’expérience et des apprentissages issus de projets innovants
  • Conférences introductives sur le sujet des inégalités

 

  • Session d’ateliers sur le collectif : se rencontrer, connaitre les compétences, partager les savoirs et créer un groupe
  • Interdisciplinaire, interculturel : travailler les savoirs complémentaires, identifier le panorama des compétences
  • Sessions savoirs du futur : ateliers d’inspiration et d’apprentissage de nouvelles méthodes / nouveaux outils

  • Sessions de travail itératives en groupe projet, mise en commun intergroupes : définir  une question de recherche interdisciplinaire
  • Sessions de travail avec les mentors pour challenger, préciser les idées, étoffer la question de recherche

  • Sessions de travail itératives en groupe projet, mise en commun intergroupes : approfondir la question de recherche, définir l’état de l’art, le statut de la recherche sur le sujet, le caractère innovant, encadrer la question de recherche, valider l’hypothèse et le mode de travail
  • Sessions de travail avec les mentors pour challenger, alimenter la méthode de recherche, ancrer dans un contexte interdisciplinaire
  • Session pitchs
Programme

Programme

Suivez l’école au jour le jour

Retrouvez ici les liens pour suivre les conférences inaugurales des 1, 2 et 3 juillet puis nous intègrerons chaque jour les bilans de chaque journée de l’école d’été des ODD.

Inégalités économiques et sociales en Afrique

Nouvelles mesures, nouveaux défis

La conférence discutera quelques-uns des multiples défis qu’affronte la recherche sur les inégalités en Afrique, à commencer par la mesure des inégalités économiques. Après une description critique des données disponibles, plusieurs travaux récents seront brièvement présentés. Le premier porte sur les inégalités d’hier, c’est-à-dire celles qui prévalaient à la fin de l’époque coloniale (1930-1960) dans les colonies françaises et britanniques. Le second porte sur les inégalités d’aujourd’hui dans l’ensemble de l’Afrique (2000-2016), à partir d’un retraitement des données d’enquête disponibles, mobilisant conjointement données fiscales et comptabilité nationale. Le troisième effectue un zoom sur les inégalités en Côte d’Ivoire, de la fin des années 1980 à 2014. Le quatrième s’intéresse à ce que disent des données nouvelles sur la fuite de capitaux en Afrique. On conclura sur les inégalités économiques et la vulnérabilité des ménages africains vis-à-vis du nouveau coronavirus.


Voir la bio

Globalization, Ecosystem Support and Inequality: Advancing science by stepping outside your disciplinary comfort zone

Through the lens of social-ecological resilience, Dr. Lisa Deutsch will discuss issues related to inequality (SDG-10). She will base her presentation on her own work in historical and modern agrofood systems using her field work in Latin America. Lisa hopes to encourage students to consider how they will approach sustainability challenges in their own doctoral research by discussing transdisciplinary approaches to research and challenging worldviews. 


Bio:

Lisa Deutsch is Senior Lecturer at Stockholm Resilience Centre & Guest Researcher at the Nordic Institute of Latin American Studies at Stockholm University. She holds a PhD in Natural Resources Management, two Master’s degrees: 1) Systems Ecology and 2) International Marketing (MBA) and a BA in International Relations (Latin American Studies). Lisa’s research examines the couplings between the ecological effects of globalization on agrofood systems and national policy and economic accounts. She particularly focuses on the ways in which global trade can change the mix of inputs to food and feed by estimating the ecosystem subsidies needed to support intensive livestock and aquaculture production systems. She also analyzes and maps food flows to cities to explore how cities feed themselves. Her current project focuses on the “Miracle Bean” - the soybean - and its shifting roles over the long historical development of our present global agrofood system.


Inégalités sous COVID19 : Nouvelles Formes de Distanciation Sociale ?

Au-delà de ses implications sanitaires et économiques, la pandémie COVID19 pourrait, à première vue, aggraver l’inégalité sociale, en fragilisant davantage les populations les plus vulnérables ou en créant de nouvelles formes d’inégalité.  Toutefois, cette thèse de pandémie comme facteur de distanciation sociale requiert une lecture plus critique et systématique sur le plan théorique et conceptuel.

Sur le plan théorique, les attentes sont mixtes. D’un côté, les théories de l’innovation et de la vulnérabilité suggèrent une aggravation des inégalités : tout comme une marée montante ne soulèverait pas uniformément tous les bateaux, une marée descendante sous crise enfoncerait davantage les embarcations les moins équipées pour faire face à de nouvelles turbulences. A l’inverse, et selon une thèse avancée par Scheidel (2018) bien avant la montée du COVID19, les crises sévères (sanitaires, économiques et politiques) sont le seul moyen de réduire l’inégalité. Sur la base d’une analyse historique des fluctuations de l’inégalité dans les pays industrialisés, cet auteur démontre que, devant l’impuissance des politiques sociales classiques, le cours naturel des inégalités serait de monter continument jusqu’à leur implosion à la faveur d’une crise majeure comme celle que le monde vit actuellement.

Sur un plan conceptuel, la définition et la mesure de l’inégalité invitent également à la prudence. Pour commencer, il est utile de faire la distinction avec des termes voisins de l’inégalité tels équité, mobilité sociale, ou différentiation sociale. Ensuite les indicateurs classiques de l’inégalité (e.g. GINI, Theil, MLD, CV) incluent une composante démographique qui pousserait paradoxalement à la baisse si la pandémie actuelle touchait effectivement les plus pauvres : Il y aurait alors vulnérabilité et inéquité sans accroissement d’inégalité. Troisièmement, l’on devrait distinguer les inégalités inter et intra pays. Une pandémie pourrait creuser les premières en nivelant les deuxièmes ou vice-versa. Enfin, une distinction utile devrait se faire entre inégalités formelles --telles que capturées par les statistiques officielles-- et inégalités vécues, compte tenu de la mitigation possible de réseaux informels de solidarité.     

Sur le plan des réponses politiques à cette aggravation des inégalités, quelle position adopter ? Faut-il s’en laver les mains et adopter des politiques générales pour tous ?  Faut-il au contraire, envisager des mesures spéciales pour les couches les plus vulnérables et si oui, lesquelles ? 

Après une revue de ces fondements théoriques et conceptuels, notre présentation passera en revue quelques éléments empiriques relatifs aux effets de la pandémie actuelle sur les inégalités sociales. L’analyse s’appuiera surtout sur la situation en Afrique.         


Bio:

Parfait Eloundou-Enyegue, Ph.D., est professeur et chef du département de sociologie de développement de l’Université Cornell (USA). Son champ d’expertise couvre la population et développement, notamment les effets des dynamiques démographiques sur la croissance économique, l’éducation, les inégalités, l’insécurité, et la santé de la reproduction. Avant Cornell, il a travaillé à la RAND Corporation (Los Angeles) après un doctorat (Démographie et sociologie) de la Pennsylvania State University et un diplôme avancé en économie agricole et sociologie du développement au Cameroun. Il a enseigné sur plusieurs continents, principalement en Afrique, Amérique du Nord et Asie. Il possède une vaste expérience en recherche sociale et communication des politiques. Avec le soutien de la Fondation Hewlett, il a eu à diriger un réseau pour soutenir la formation démographique en Afrique francophone. Consultant occasionnel pour les Nations Unies, la Banque mondiale et l’USAID, il a siégé au conseil d’administration de plusieurs grandes institutions, dont la Population Association of America (PAA), le Population Reference Bureau (PRB), le Guttmacher Institute et l’Union internationale pour l’étude scientifique de la population (UIESP). Récemment, il a été membre d’un groupe indépendant de 15 scientifiques nommés par le Secrétaire général des Nations Unies pour rédiger le premier rapport quadriennal (2015-19) sur les objectifs de développement durable. »


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